Exposition au Palais de Justice de Lyon (23 juin – 9 septembre)
- Le 31 mai 2011
- Par Olivier Ramonteu
- Dans Photographie
- Mots-clefs : Expo, Exposition, Photo, Photographe Lyon, Photographie
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J’ai le plaisir de vous annoncer que j’expose mes photographies au Nouveau Palais de Justice de Lyon. Cette exposition, proposée par le Barreau de Lyon , en partenariat avec la revue Compétence Photo , se tiendra du 23 juin au 9 septembre 2011.
Vous êtes bien entendu les bienvenus au vernissage de cette exposition, le jeudi 23 juin de 18h à 20h30.
Je vous propose d’y découvrir les séries Ma Prison de verre et Bestiaire. Deux interrogations visuelles sur les thèmes de la Liberté et de l’enfermement.
Ma Prison de verre

Ma première motivation à photographier des mannequins dans des vitrines de magasins tenait à leur aspect anthropomorphique. Il se dégage d’eux une troublante confusion entre humanité et inhumanité qui peut certes interroger sur nos fantasmes consuméristes, mais qui m’interpellait essentiellement pour ce qu’elle révèlait de notre penchant à vouloir façonner des créatures à notre image.
Progressivement, la vitrine qui me séparait de ces créatures s’est révélée et a pris une importance considérable. Véritable frontière entre elles et moi, elle pouvait refléter un ciel non dénué d’espoir qui contrastait fortement avec l’emprisonnement dans lequel se trouvaient mes sujets. C’est ainsi que le reflet est devenu une composante essentielle de cette série, tout autant que le mannequin.
Ce jeu m’a permis de donner une dimension différente à la série. Une dimension profondément symbolique.
En effet, pourquoi ces créatures nous apparaissent-elles déshumanisées ? Faiblesse du créateur ou dégradation de l’être enfermé, emprisonné derrière des barreaux invisibles ? N’est-ce pas cet enfermement qui enlève à ces créatures leur part d’humanité ? Parallèlement, n’est-ce pas dans leur regard, tendu vers un extérieur inaccessible, vers un ciel porteur d’espoir et de liberté qu’elles reprennent un peu de cette humanité qui leur échappait ?
Conforté par les interrogations que cette série faisait naître en moi, j’ai accepté de l’exposer au Palais de Justice de Lyon au cours du mois de juillet 2011. Dans ce lieu où se nouent et se dénouent tant de drames humains, où se jouent la liberté et l’enfermement d’individus dont les crimes nous renvoient sans cesse à la question de notre humanité, il m’est apparu passionnant de me faire le miroir de toutes ces problématiques afin de les mettre sous les yeux de ceux qui en sont les vrais acteurs.
Bestiaire

Au premier abord, la série « Bestiaire » semble n’entretenir aucun rapport avec « Ma prison de verre ». Le sujet et l’esthétique en sont radicalement différents. Et pourtant… Un lien secret les unit et vient faire écho au lieu dans lequel elles seront exposées cet été.
J’ai cherché dans cette série à extraire les animaux de leur environnement en les plongeant dans un décor indécis. Cette opération a pour conséquence de leur oter une grande part de leur réalité. Ils semblent ne plus exister comme animaux vivants. Ils prennent une dimension iréelle, fantasmée, cauchemardée. Ce n’est plus un requin individuel et particulier que je montre, c’est un fantasme autour du requin. Certains reconnaîtront la démarche mallarméenne qui consiste à peindre, non la chose, mais l’effet qu’elle produit, non une fleur, mais l’absente de tout bouquet.
En d’autres termes, j’ai voulu ici désincarner ces animaux, les dénaturaliser en les coupant de leur environnement naturel. C’est là que le lien se crée avec ma première série, et plus encore, avec le lieu où j’ai choisi de les montrer.
En effet, l’enfermement, l’emprisonnement consistent à extraire un individu de son environnement social. Mais cette opération ne pose-t-elle pas la question de la déshumanisation de cet individu ? Que reste-t-il de son humanité une fois enfermé et isolé ? Que reste-t-il de son individualité une fois séparé des autres hommes ?
Certes, la prison recrée un environnement social parallèle au nôtre, mais quelle image avons-nous de ces hommes ? N’est-elle pas fantasmée, iréelle, piégée par nos mécanismes de défense ? N’a-t-on pas, par facilité intellectuelle, la tentation trompeuse de les diaboliser et donc de leur faire perdre une part de leur humanité ?
Infos pratiques
Nouveau Palais de Justice 67 rue Servient 69003 Lyon Rez-de-jardin, salle des avocats Horaires d’ouverture : lundi – vendredi 9h-18h
