4h du matin. Réveil. Petit-déjeuner composé d’une banane et d’une barre de céréales. Je vérifie qu’il ne manque rien. Je sors dans la rue encore glacée de nuit. Personne. Je sors de la ville pour prendre le chemin de randonnée. L’ascension dure 2 heures environ. 2 heures pour gravir 1716 marches. Les pas sont lents et il n’est pas rare de s’arrêter quelques secondes pour lever la tête vers un ciel irréel. Entre les flancs serrés des montagnes, une myriade d’étoiles vous contemplent et s’amusent à vous voir vainement s’approcher d’elles.

J’ai maintenant rejoint d’autres visiteurs matinaux. Nous avançons en file indienne, dans le silence des souffles et des frottements de pas sur la pierre. Peu à peu, la montagne ôte son voile de nuit et se dénude à nos regards. Avec la même langueur qu’un vieil amant, nous pénétrons lentement son ventre chaud et humide en parcourant ses flancs de nos caresses courtes. Les cuisses chaudes et le regard bas, nous arrivons enfin au bout de nos ébats.

Il est 6h15. Les premiers bus sont arrivés, mais le site ouvre à peine ses portes. Nous nous engouffrons alors tous ensemble à travers les portiques pour découvrir enfin le but de notre voyage.

Comment décrire en quelques mots ce que des siècles ont mis à bâtir un mystère ? Comment faire comprendre à autrui le battement de cœur de l’amant découvrant la peau de sa maîtresse ? Comment tracer dans les esprits la main palpable du soleil venant toucher du doigt cet édifice irréel qu’un équilibre fragile tient accroché dans les cheveux blancs du ciel ? Un seul mot peut-être viendrait rendre un peu de ce qui s’offre à vous : FRISSONS.