Photos de voyage : Norvège – Jour 25

24.10.2016 | -3°C | Temps couvert, pluie

Route sous la pluie. Tout perd son attrait en approchant d’Oslo. On arrive à la capitale vers midi. On marche une heure et demi environ. Je trouve bien peu d’intérêt à cette ville pataude et triste. Les bâtiments sont fades. L’hôtel de ville est une horreur. On ne sait pas s’il s’agit d’une cathédrale ratée, d’un temple païen, d’un mausolée soviétique… Les fresques en bois sculpté sont grossières, hideuses, mal conservées. Les rues n’ont pas de charme. Seul le parc royal offre une courte respiration. On déjeune d’un burger cher et sans saveur. Tous les jeunes semblent ici vissés dans des cafés un peu design avec leurs macs et leur cappuccinos. C’en est même d’une uniformité caricaturale… « Think out of the box » qu’il disait… La tristesse d’une abolition globalisée de la personnalité. L’opéra, vanté comme le joyau de la ville, offre un frémissement, mais sa belle diagonale est gâchée par le cube central qui brise la dynamique de l’ensemble comme une verrue sur le nez d’une jeune mariée. Le quartier autour est complètement en chantier. Ça n’aide pas à donner du charme au lieu. On remarque les mêmes immeubles d’habitation qu’à la Confluence à Lyon. Les villes uniformisent elles aussi leur « originalité » dans des spasmes pathétiques de cubes multicolores. Le trendy se vend par série. Soyez différents comme les autres… voilà toute la vanité de notre monde concentré dans cette ville. Oslo n’offre rien pour me faire briller les yeux, pas même l’étincelle de son bûcher.

Départ d’Oslo sans enthousiasme. Pendant que nous préparons le repas, je distingue la silhouette d’une souris dans le camion. Branle-bas de combat ! Nous déchargeons absolument tout, vérifions tout, ouvrons tout, déplions tout. Plus aucune trace du rongeur… Est-elle encore parmi nous ? Nous reprenons la route et nous arrêtons vers 23h30 sur un parking sinistre en Suède. Nous mangeons une partie du cheesecake surgelé acheté à Oslo. Enfin ! Mon cheesecake d’anniversaire !!! La souris viendra-t-elle le terminer pendant la nuit ? Avant de m’endormir, je distingue de petits bruits mais la pluie battante m’empêche de savoir clairement s’il s’agit de notre petit rongeur.

Photos de voyage : Suède ; Danemark ; Allemagne – Jour 26

25.10.2016 | 3°C | Temps clair

De la route. Encore de la route. La journée commence par de belles ambiances d’une brume qui finira par se dissiper à l’approche de Göteborg. Nous décidons de faire un arrêt à Copenhague pour le déjeuner. La ville est clairement plus attrayante qu’Oslo. Elle a de forts airs d’Amsterdam, les canaux en moins. Énormément de cyclistes. Nous nous dirigeons vers le quartier hipster, Norrebro, pour manger un burger au Landromat café : un café-bibliothèque-laverie… Il manque quand même un sourire à la pourtant très jolie serveuse. Nouvel arrêt un peu plus loin, au Kates Joint. Resto-bistro sans enseigne, pour y goûter deux nouveaux cheesecakes. Ceux-là, pour le coup, après un mois d’attente invivable, sont enfin réussis ! On reprend la route et passons en Allemagne. Nous galérons pour trouver un endroit où dormir. Le premier lieu choisi pour dîner est glauquissime. Une station-service dont le parking est envahi par la brume et les camions arrêtés là pour la nuit. L’enseigne d’un sex-shop clignote au loin. Un hypermarché désert comble l’horizon morne. Une odeur d’huile rance vous saisit à l’approche du restaurant de la station. Chaque ombre semble remplie par la menace d’un égorgeur ou d’un viol consenti. Nous déménageons. Nouvelle galère pour trouver un lieu où se garer. Finalement, ce sera le parking d’un autre hypermarché. A peine les lumières éteintes, je distingue cette fois-ci clairement un bruit suspect derrière la cloison, à mes pieds. Puis dans la cabine. Dans la pénombre je ne vois rien bouger. A chaque fois que je me redresse pour observer, le bruit cesse. Je finis par croire à des hallucinations auditives ou à une trop grande imagination… Je décide de m’endormir. Les yeux fermés, je m’assoupis enfin lorsqu’un bruissement surgit cette fois-ci au-dessus de nos têtes. Je saisis la lampe torche, éclaire la zone. Rien. Je déplace un sac, le réchaud, la valise, Lucie, la table. Rien. Ai-je encore rêvé ? Je me recouche en soupirant. Les bruits reprennent ! A chaque fois que je rallume la lampe dans leur direction, je ne vois jamais rien. Ce manège commence à me peser sur les nerfs. Je crois être devenu fou. Il est tard. Nous devons nous lever tôt pour la route demain et je m’agace de tourner en bourrique comme ça. La fatigue finit pourtant par m’emporter.

Photos de voyage : Allemagne ; France – Jour 27

26.10.2016 | 0°C | Brume

Petit déjeuner devant les regards interrogateurs des Allemands venus faire leurs courses. J’essaie de ranger un peu. J’ouvre la valise et là, tapie au fond, l’oeil affolé, la moustache aux abois, une petite souris des champs me regarde avec fébrilité. Elle tente de se cacher dans un recoin derrière un sachet de pâtes. Je n’étais donc pas fou !!! Je prends la valise, la dépose à terre et après quelques passes de cache-cache le petit rongeur finit par s’évader pour de bon !

Reprise de la route. Direction Cologne pour le déjeuner et y visiter la cathédrale. Les routes allemandes sont insupportables. La chaussée est pourrie. Des travaux tous les cinq kilomètres arrêtent la circulation. Les Allemands roulent n’importe comment. Parfois lentement, parfois comme des fusées. C’est aussi pénible que dangereux. Cologne sauvera l’Allemagne. Sa cathédrale surtout, sombre vaisseau-fantôme les bras levés vers l’orage, son oeil de verre nous regarde d’un sourcil ténébreux et nous force à la génuflexion. Le silence s’impose, même à mes aubes blanches.