Aubes blanches – Jour 11 – Norvège

10.10.2016 | -4°C | Temps clair

Le réveil est glacial, une nouvelle fois. Nous nous dirigeons vers le sud-est de l’île. En route nous traversons des paysages gelés et une brume nous accompagne pendant quelques kilomètres. Le reste de la route ne restera pas forcément dans nos mémoires. Gros détour inutile par Narvik pour y prendre du carburant alors qu’elle était moins chère à l’entrée des Lofoten. Nous faisons enfin notre entrée dans l’archipel. Nous nous arrêtons pour dîner au bord de la route. Une aurore boréale nous accueille. Nous la suivons, ainsi qu’une bonne poignée d’autres. Elles semblent ne jamais vouloir s’arrêter. Nous nous couchons, béats et heureux.

Aubes blanches – Jour 12 – Norvège

11.10.2016 | 5°C | Temps nuageux

Il pleut à notre réveil, mais rapidement nous dépassons cette mauvaise première impression. La couverture nuageuse joue avec le relief et le spectacle est magnifique. J’ai pris le volant et m’arrête tous les cinq cents mètres pour faire des photos. Le relief devient de plus en plus merveilleux. Les falaises sont abruptes et se perdent dans les nuages. Les couleurs, parfois vertes, parfois plus orangées se marient à la perfection à la roche noire. Les cirques s’enchaînent. Nous stoppons à Solvaer pour y faire une petite randonnée. La pente est raide mais je suis bien en jambes. Lucie a plus de difficulté. Elle a mal au genou et manque de souffle. Je poursuis seul sur la pente humide, dépassant un jeune couple parti avant nous. J’accède à la crête balayée par le vent. Elle est très étroite. Le sol est humide et ne laisse pas de place à l’erreur. Euphorique, je cours littéralement pour atteindre le premier sommet. La vue surplombant Solvaer est magnifique. Le ciel se couvre soudain alors que j’approche du deuxième sommet, le plus élevé. Je cours à nouveau le long de l’arrête, pose mon sac et franchit les derniers pas d’escalade pour atteindre le sommet. La roche est très glissante, le vide vertigineux. Je ne vois plus rien au milieu du brouillard. La peur me saisit. Mon rythme cardiaque s’accélère. Mes jambes tremblent. La fin est éprouvante pour les nerfs, mais quel pied ! Je redescends et gagne le troisième et dernier sommet. Avant de l’atteindre, je passe par le célèbre rocher pris entre deux parois où les touristes viennent se faire photographier habituellement. Mais sans trépied, pas de selfie… et les conditions exécrables ont fait fuir tous les touristes. Je descends à grands pas dans la pente boueuse et glissante. Je frôle la chute à plusieurs reprises mais ne ralentis pas. Je ne croise toujours pas Lucie, elle a dû renoncer. Ou se perdre dans le brouillard. Ou chuter mortellement. Peu importe. Ce n’est qu’en bas de la montagne que je finis par la retrouver.

Après avoir déjeuné rapidement sur le parking d’un supermarché, nous reprenons la route. Les criques, les cirques, les montagnes se succèdent sans fin. Chaque virage révèle une nouvelle merveille. Chaque île est un feu d’artifice. Ce pays est absolument béni des dieux. Le spectacle est grandiose. Je n’ai jamais vu un tel condensé de paysages de ce calibre. Cela dépasse ce dont j’avais rêvé. La quantité, la variété et la beauté dépassent de loin mes espoirs les plus fous. La route semble ne jamais vouloir se terminer et ce n’est qu’après la nuit tombée que nous en voyons enfin le bout. Nous faisons halte à Reine pour la nuit. Je décharge mes cartes mémoire. Faux contact du port USB ou malfonction de la carte CF, une grosse quantité de mes photos du jour sont corrompues. C’est le drame ! Le logiciel Recuva me permet d’en récupérer un bonne partie heureusement. Pour me remonter le moral, nous mangeons mon deuxième gâteau d’anniversaire, bien maltraité par la route. Il n’est quand même pas mal. Il finit bien le repas commencé avec la suite de notre saumon.

Aubes blanches – Jour 13 – Norvège

12.10.2016 | 9°C | Pluie

Journée sans grand intérêt. Le ciel est très bas et masque presque tous les reliefs. Rare moment remarquable lorsque nous passons près d’une grande plage de sable blanc. C’est la fin de la matinée. Pour me réveiller, je décide d’aller me baigner dans la mer. L’eau est froide mais le plaisir de se baigner dans les îles Lofoten vaut bien une pneumonie. Le chemin retour est morne et nous finissons la journée à Andener sur un terrain de camping actuellement fermé. Le vent est très fort et la pluie vient interrompre l’apéro. Nous installons le auvent pour la première fois.