Tous les matins d’un photographe indépendant ne se ressemblent pas. Il y a ceux où on ne veut pas se lever, ceux où on n’a que des ennuis à régler, ceux où on attend désespérément que le téléphone sonne et puis il y a ces matins où on reçoit un appel du responsable photo du Financial Times… On ne sait pas trop pourquoi ni comment, mais ces matins-là vous donnent un sourire un peu plus large que les autres.

A l’occasion de la venue de la Compagnie Baro d’Evel à Lyon, le Financial Times souhaitait consacrer un article à l’artiste Blaï Mateu-Trias. Celui-ci présentait son spectacle Bestias aux Nuits de Fourvière. Le responsable photo du journal m’a donc contacté pour réaliser les portraits qui accompagneraient cet article.

Blaï Mateu-Trias ne sera disponible que quelques heures lors de ce passage à Lyon. La fenêtre de tir est étroite. J’annule tous mes rendez-vous de la journée, je saute dans un taxi et direction le parc de Lacroix-Laval où la compagnie Baro d’Evel a planté son campement.

Le soleil est à son zénith, pas un nuage à l’horizon. Tout se présente de manière absolument catastrophique pour réaliser un portrait à peu près correct. On ne va pas se mettre la pression pour si peu. Je fais un tour du propriétaire. La lumière sous le chapiteau est encore pire. On me présente à Blaï, le jeune homme, très sympathique, me montre sa caravane et ses animaux  : un cheval et un corbeau-pie. Je remarque que sa caravane dispose d’un auvent. Parfait ! Voilà de quoi l’abriter de la lumière directe. Je fais quelques portraits de lui ainsi, en habit civil. Elles sont sympas, mais je dois faire mieux.

Nous continuons de discuter. Il me propose alors de mettre le maquillage de son spectacle. Nous rentrons dans sa caravane, sa maison, son monde, le symbole parfait de la vie itinérante qu’il a choisie. Il y a même le berceau de son enfant dans un coin. Mon choix est fait, les photos principales seront faites à l’intérieur. Je profite tout d’abord de la séquence maquillage pour faire quelques photos de lui. Une fois terminée, j’opte pour un objectif grand-angle afin d’embrasser son cadre de vie et apporter le sens qui m’importait à ma photo. Je déclenche en variant un peu les cadrages. A ce moment, le corbeau-pie traverse en volant la caravane et vient se poser sur la tête de Blaï. Que pouvais-je demander de plus ? J’avais la meilleure photo de ma carrière.


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