Les jours qui suivirent la rencontre avec Alma eurent la même beauté irréelle que les rives du lac Titicaca : majestueuses et inaccessibles comme le rêve d’un marin fou.

De nos pas lents, sur la montagne sèche,
Les traces immortelles vont, au-delà des ruines,
Jusqu’aux lèvres d’un lac qu’un ciel azur lèche
Embrasser les reflets de la cité andine.

Les morsures du froid et de la glace
Glissent, inoffensives, sur nos peaux ivoirines

Et laissent leurs crocs blancs sur un horizon las
Qu’un doux rayon bleu vient hâler en sourdine.

Que ces flots dont les dieux ont bercé nos étoiles
Eussent d’éternité le pouvoir d’un voile

D’envelopper ces nages séraphines !

Nos âmes enlacées dans ces sources nuptiales
Auraient connu du lit infini et royal
La jouissance des aurores divines.